........................ La prose du Séb .....................

Bienvenue, chère visiteuse ou cher visiteur !

Je suis auteur de nouvelles littéraires. Comme j'écris un peu pour moi et beaucoup pour les autres, je me suis dit que la publication était nécessaire.
Aussi, amie lectrice, ami lecteur, N'HESITE PAS à écrire tout commentaire sur ma petite prose. Tu peux m'aduler (on ne sait jamais), me critiquer ou me conspuer (m'envoyer des tomates virtuelles, quoi)...

Pour le moment, quelques nouvelles sont déjà en ligne. Tu peux y accèder par le menu en haut à droite. 
Et si cela te plait, en t'inscrivant à la Newsletter, tu devrais si tout va bien recevoir un avis pour chaque nouvel article... Ne t'inquiète pas, il n'y a que moi qui gère cette liste, cela te fera un ou deux mails par mois (dans les périodes fastes)
Bonne lecture !
Séb le Proseur

Mercredi 24 janvier 2007
Tout d'abord, merci à tous ceux qui m'ont écrit des commentaires, même succincts !

A présent, j'avoue tout ...

Cette nouvelle est l'aboutissement d'un « duel » de nouvelles entre un copain et moi. Je vous explique. C'est un jeu entre deux auteurs dont j'ai eu l'idée, avec quelques autres. :

- Le premier auteur choisi le thème (en l'occurrence : « obscur silence »)

- Le second écrit la fin de la nouvelle

- Le premier écrit le début de la nouvelle

- Ensuite les auteurs alternent un paragraphe chacun

Voilà, ça c'était la théorie. Mais au bout de quelques paragraphes, on a préféré continuer chacun de notre coté, et ré-arranger le tout à notre goût.

Vous avez donc lu sur mon blog la première version de la nouvelle.

Je vous invite à lire l'autre version dans le bric-à-brac de mon excellent confrère et ami en cliquant ici : http://rubrikabrak.over-blog.com/


Et bien sûr, dites-moi ce que vous pensez de tout ça !!

Par Séb le Proseur - Publié dans : Autre
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Dimanche 21 janvier 2007

En voici une autre ! Merci de m'adresser vos éventuels commentaires car c'est un style que j'expérimente (par mail ou en utilisant "ajouter un commentaire" sous l'article)

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La musique de sa vie 

La salle était pleine à craquer ; les réservations étaient complètes depuis six mois. La nature n’avait pas seulement doté Arthur Wikriech d’un onzième doigt, mais également d’un talent exceptionnel. Ce soir, il reprenait des sonates de Mozart et des fugues de Bach, qu’il avait réadaptées pour tenir compte de sa capacité physique exceptionnelle. Arthur comptait éblouir une fois de plus la salle de sa magie. Il aimait cette sensation toute puissante où il devenait à la fois unique acteur et innombrables spectateurs, il s’emparait littéralement de son public pour le faire sien, le porter vers d’autres cieux. Lorsqu’il jouait, l’univers entier se déformait pour se magnifier. Seulement aujourd’hui était un jour particulier. Rien ne serait plus jamais comme avant.

Emilie jouait près de sa mère, dans le jardin, alors qu'Arthur répétait, et répétait encore. Quand Arthur était fatigué, il s'arrétait un peu, et regardait sa fille par la fenêtre.
Du haut de ses quatre ans, Emile était une petite fille pleine de vie. Elle aimait rire, faire du bruit et surtout parler, beaucoup, tout le temps, même ! Elle posait des questions, mais parlait aussi toute seule, ou avec ses poupées. Elle discutait avec Olaf, le chien de la maison. Le seul moment où Emile ne parlait pas etait quand elle écoutair Arthur jouer, assise sur le canapé, la bouche entrouverte. Mais Emile aimait par dessus tout chanter avec Lucile, sa maman.

Lucile ! Lucile à la voix de cristal ! Lucile, la muse d'Arhur, dès leur première rencontre...

C'était l'été, il pleuvait des cordes ce jour là. Il marchait dans la rue, bien abrité sous l'horrible parapluie rose que sa mère lui avait offert peu avant de... Lorsqu'il vit cette fille au sourire d'ange, le visage ruisselant d'eau, il lui proposa galamment de partager son parapluie. Elle refusa en lui adressant néanmoins un grand sourire. Un peu vexé il commenca à reprendre son chemin quand elle déclara qu'elle préférerait qu'il lui offre un café. Contrairement à lui, qui se considérait comme trop sérieux, trop comme il faut, Lucile était très naturelle, elle semblait la vie même. Comme un torrent impétueux, elle suivait son propre chemin selon ses désirs du moment. Et il semble qu'elle l'avait choisi lui. Lucile ne correspondait pas au canon de l'époque ; petite brune un peu boulotte, ses lèvres pulpeuses dessinaient une bouche légèrement trop grande. Cependant, l'éclat de vie qui brillait en permanence dans ses yeux noisette et cette vitalité qui émanait d'elle s'harmonisait parfaitement avec son physique de gourmande. Elle l'avait tout de suite conquis. Ils étaient resté deux heures dans le café, à discuter en riant. Elle avait refusé le parapluie non pas parce qu'il était horrible - et elle avait éclaté de rire en déclarant qu'il avait l'air ridicule avec ça - mais parce que marcher sous la pluie lui apportait une sensation de paix et de bien-être.
Et puis soudain, comme ça, alors qu'il ne savait pas s'il devait ou non aller plus loin avec elle, Lucile était partie. Spontanée, fugace, comme un coup de vent dans son existence. Il était resté plusieurs minutes attablé au café, sous le regard moqueur des autres clients, puis il était rentré chez lui.

Deux jours plus tard, Arthur jouait au piano-bar le Blue Notes, une version jazzy de "singing in the rain". Alors qu'il attaquait le deuxième couplet, une voix se fit entendre dans le micro. Sa voix. Une voix entraînante et pure comme du cristal. Elle s'approcha de lui en chantant, et l'ensorcellement eut lieu. Les doigts d'Arthur se mirent à s'animer de plus en plus vite. Sous ses doigts envoûtés, une nouvelle version de la chanson était en train de naître, répondant aux onomatopées que lui proposait Lucile.Sans avoir jamais répété ensemble, ils étaient pourtant parfaitement en rythme. Les clients du bar, d'abord stupéfaits, les encourageaient à présent à aller plus loin, plus loin dans l'osmose et dans l'ivresse de la musique. Très vite, malgré l'intérêt manifeste des spectateurs, le public s'estompa pour les laisser seuls. Plus rien d'autre ne comptait. La scène ne dû pas durer plus de cinq minutes, mais c'est comme s'ils avaient discuté pendant des heures, ils étaient en parfaite harmonie, les mots étaient devenus inutiles. A la fin de leur show , le patron du bar vint les voir en leur proposant un contrat. Arthur disposait déjà d'une certaine renommée et ce piano-bar n'était pas bien grand. Il annonça qu'ils devaient d'abord en parler, seuls. A eux deux ils pouvaient aller loin. Mais Lucile n'avait pas envie de discuter de cela. Elle éluda toutes ses tentatives d'approche du sujet. Elle s'excusa, prétextant aller se repoudrer le nez, et disparut une fois de plus sans explication.

Arthur rentra chez lui, seul. Il ouvrit la porte de son appartement, jeta son manteau, et aperçu son piano au milieu du salon. Bien qu'il ait passé la soirée à jouer, il fut attiré par l'instrument. Dans la pénombre, il l'ouvrit, et commença à rejouer les mêmes notes. Et puis, soudain, il entendit sa voix surgir de sa mémoire. Le miracle eut lieu une nouvelle fois quand ses doigts retrouvèrent les mêmes accords et la même mélodie. Cette fusion virtuelle marqua à jamais l'esprit d'Arthur.Dès le lendemain, il décida de faire tous les pianos-bars, tous les cabarets et toutes les salles de spectacle jusqu'à la retrouver. Il ne dormait pratiquement plus. Le temps passa sans résultat et la qualité de sa musique en ressentit. Ses contrats diminuèrent, jusqu'à le mettre à deux doigts de la ruine, mais il n'abandonnait pas.
Et puis, un soir, avant même de pousser la porte d'un piano-bar, il reconnut sa voix. Il entra, tremblant, et la vit au milieu de la scène.Sensuelle, moulée dans une robe de spectacle bleue, Lucile saturait l'espace par son talent. Subjugé par cette apparition, il décida de ne plus jamais la laisser s'en aller.

Trois ans. Trois ans de pur bonheur. Trois ans où Lucile remplissait sa vie, et où il remplissait la vie de Lucile. Ils mangeaient peu, dormaient juste le temps de reprendre des forces, et passaient toutes leurs journées ensemble, à chanter, à composer, et à se produire en concert. Leur osmose était parfaite. C'est un peu comme si Lucile comblait un peu chaque jour l'énorme silence laissé par sa vie jusqu'alors. Peu à peu, elle emplissait de sa voix et de ses gestes, le vase de son bonheur.
Pourtant, un matin, Lucile dut considérer que le vase était plein, et que leur osmose musicale nécessitait un changement. Qu'une troisième voix serait la bienvenue dans leur petit ensemble musical. En véritable chef d'orchestre, elle fit jouer tout doucement Arthur sur la partition de la paternité. Le soir du 21 janvier naquit Emilie, petite note ronde qui bientôt rythmerait leur vie.
Quand Emilie pleurait, ils chantaient en accompagnant ses pleurs. Quand elle fit ses premiers babillages, Arthur et Lucile composèrent spécialement pour elle. Puis Emilie commença à pouvoir chanter de vraies chansons, qu'elle interprétait avec sa mère alors qu'Arthur les accompagnait au piano.

Accompagnait...
Arthur était si heureux de les voir ainsi qu'il ne s'en rendit pas compte. Arthur ne composait plus, il accompagnait Lucile et Emilie. Sans qu'il comprennent pourquoi, sa musique lui parut chaque jour un peu plus fade. Et puis, subitement, au milieu d'un chant, il s'arrêta de jouer. Lucile et Emilie continuèrent à chanter, en osmose. Elles improvisaient l'une avec l'autre, se répondant, jouant avec les notes et les sons. Et Arthur les regardait, inutile, contemplant leur fusion.
A présent, la mère et la fille chantaient seules. Emilie venait parfois écouter Arthur au piano. Celui-ci s'était remis au classique, jouant avec ardeur pour la rendre heureuse. L'enfant souriait, écoutait le morceau, puis partait rejoindre sa mère dans le jardin. Et elles jouaient, et elles chantaient, remplissant la maison de bruits qui devenaient étrangers à Arthur.

Les bruits...
Arthur s'arréta de jouer car quelque chose n'allait pas. Les bruits du jardin s'étaient tus. Le silence le frappa comme un coup de massue. Il sortit de la maison et vit le mot posé sur la chaise longue. Elles étaient parties. Parties sur un autre chemin. Parties donner un nouveau sens à leur duo. Parties comme ça. Sans prévenir. Laissant Arthur seul, comme avant, avec son piano.

La salle était bondée. D'abord, il y avait eu les discussions des spectateurs, le brouhaha habituel qui précède chaque concert. Puis les applaudissements encouragèrent l'artiste à entrer sur scène. Après quelques mots d'introduction,et la présentation de son programme, Arthur commença la première oeuvre de son spectacle.
Puis brusquement, il s'arrêta de jouer. Dans une même mesure. Entre deux notes. Sur un silence. Il pensait encore à elles. Il savait maintenant qu'elles resteraient dans sa tête toute sa vie. Les mélodies ne chantaient plus dans sa tête. Bach et Mozart lui semblaient des étrangers. Même le clavier du piano n'avait plus aucun sens. D'ailleurs, il ne le supportait plus. Il rabattit le couvercle et regarda la salle. Et il perçut le silence. Le silence des spectateurs, abasourdis, retenant leur souffle en cherchant à comprendre. Le silence obscur qui rythmerait à présent sa vie sans elles.

Il se leva, puis, sans saluer, quitta la scène.

 

 

Par Séb le Proseur - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 28 décembre 2006

Je viens de recevoir un mail de Géraldine, de l'administration d'over-blog, m'avertissant que je n'avais pas mis d'article en ligne depuis 20 jours... Incroyable ! J'ai donc un fan-club !!
Il faut dire qu'entre la préparation du nouvel an à thème (pirates), les duels de nouvelles avec les copains (je vous en reparlerai), et le repos obligatoire dû aux vacances, je n'ai pas eu le temps...

Quoi qu'il en soit, Géraldine, merci pour ta fidélité, et n'hésite pas à m'envoyer d'autres mails, surtout si tu es jeune, jolie et célibataire !

Par Séb le Proseur - Publié dans : Autre
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