........................ La prose du Séb .....................

Bienvenue, chère visiteuse ou cher visiteur !

Je suis auteur de nouvelles littéraires. Comme j'écris un peu pour moi et beaucoup pour les autres, je me suis dit que la publication était nécessaire.
Aussi, amie lectrice, ami lecteur, N'HESITE PAS à écrire tout commentaire sur ma petite prose. Tu peux m'aduler (on ne sait jamais), me critiquer ou me conspuer (m'envoyer des tomates virtuelles, quoi)...

Pour le moment, quelques nouvelles sont déjà en ligne. Tu peux y accèder par le menu en haut à droite. 
Et si cela te plait, en t'inscrivant à la Newsletter, tu devrais si tout va bien recevoir un avis pour chaque nouvel article... Ne t'inquiète pas, il n'y a que moi qui gère cette liste, cela te fera un ou deux mails par mois (dans les périodes fastes)
Bonne lecture !
Séb le Proseur

Dimanche 13 mai 2007
J'ai reçu un autre message de Géraldine, de l'equipe d'over-blog, pour me dire que je n'avais pas fait d'article depuis 20 jours.
Donc soit cette fille est ma plus grande fan, soit c'est un message automatique envoyé au bout de 20 jours d'inactivité sur le blog ... (qu'en pensez vous ?)
En tout cas, si Géraldine s'inquiète, peut-être que vous aussi, amis lecteurs ?
En fait, j'ai fini une nouvelle depuis quelques semaines, mais je ne peux pas la mettre en ligne, car nous la travaillons en parallèle à 2 avec Le Paresseux (avez-vous visité son blog ? Il est dans mes liens). Donc pour ne pas l'influencer pour cette "autre version", je ne publie pas la mienne.
Sinon, je commence une nouvelle sur le thême : "le train"
Voilà, voilà, à bientôt, Géraldine et les autres !!!
Par Séb le Proseur - Publié dans : Autre
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Samedi 21 avril 2007

Sur le thême du carnaval, voici une nouvelle qui parle de jeu et de déguisement, deux choses qui me plaisent vraiment beaucoup.
J'espère que vous aurez autant de plaisir à la lire que moi à l'écrire !

Comme elle est un peu plus longue que les autres, je l'ai mise uniquement en format pdf (version imprimable). Si vous n'arrivez pas à l'ouvrir, faîtes  moi signe !

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Par Séb le Proseur - Publié dans : Nouvelles
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Vendredi 23 mars 2007

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Fuir. 


 
- Dans la tempête de la guerre, tu trouveras ton île ! lui avait dit le vieux.
 
Marchant péniblement sous un soleil de plomb, il fuyait. Avec sa femme et ses deux fils, il
fuyait les soldats. Il fuyait pour survivre.
Il n’avait jamais vu la mer, mais il avait compris les paroles du vieux. Son île serait un refuge,
où il pourrait vivre en sécurité, loin de la violence. Il regarda vers l’horizon et vit les
montagnes. Et il savait qu’il était là, blotti entre leurs premiers contreforts : le haut plateau ! 
Son île, son salut !
 
La guerre ravageait le pays depuis maintenant quatre ans. Les soldats étaient arrivés
brusquement, comme une nuée de vautours, semant la mort et la désolation. Dans un premier
temps, il s’était résigné. Les militaires ne s’en prenaient pas aux civils.
Et puis, sa famille était pauvre. Il vivait grâce à l’élevage de ses chèvres, qu’il menait paître
dans les collines. En y réfléchissant, il se figurait que la guerre n’aurait finalement que peu de
conséquences sur sa vie misérable.
 
Mais un jour, la haine apparut.
D’abord, il l’entendit. Crachés par la seule radio du village, les mots le concernaient au
premier plan. La radio décrivait en termes orduriers les gens comme lui. Il y entendit pour la
première fois le mot qui allait précipiter sa vie dans la peur : la race. 
Ceux qui étaient comme lui étaient accusés de tous les maux. Accusés d’être des traîtres et des
sangsues pour leur pays. Abaissés au rang d’êtres inférieurs par d’autres hommes.
Puis, il vit la haine. En se rendant au marché pour y vendre ses quelques fromages, il aperçut
sur la piste le camion des soldats. Celui-ci s’arrêta devant une habitation à l’écart du village.
Ensuite, tout se passa très vite. La porte qu’on défonce. Les cris. Les gens qu’on traîne de
force. Les pleurs des enfants. Le bruit du camion qui s’en va. Le silence du spectateur, frappé
de stupeur et d’impuissance. Et puis, quelques dizaines de minutes plus tard, le bruit de la
mort. Une rafale de fusil portée par l’écho des collines. Le terrible assassinat de gens
innocents. De gens comme lui.
Il devait partir. Vite.
 
Le haut plateau ! Il savait comment y accéder, pour y avoir conduit ses chèvres les jours où la
végétation des collines était devenue trop rare pour les satisfaire. Le chemin était dur et
escarpé, mais c’était un gage supplémentaire de sécurité. Là haut, il pourrait surveiller les
gens qui montaient, et aurait le temps de cacher sa famille en cas de danger. La question de la
subsistance se poserait bientôt, mais l’urgence était de se mettre hors de danger.
Il repensa à toute cette haine. Pourquoi ? Qu’est ce qui pouvait pousser des hommes à
massacrer d’autres hommes pour des questions de différences ? Il n’avait ni l’éducation, ni
l’intelligence pour répondre à cette question. Quand une chèvre naissait différente, les autres
l’acceptaient. C’est tout ce qu’il savait. 
 
Sa femme et ses enfants peinaient maintenant à avancer. La chaleur était extrême, mais ils ne
se plaignaient pas. S’estimant assez loin du village, il leur accorda une halte. Il rassembla les
quelques chèvres qu’il avait emmenées. Elles ralentissaient la marche, mais sans doute seraient-elles
 leur premier moyen de survie.  Puis il regarda les membres de sa famille. Son fils le plus
jeune s’était blotti contre sa mère qui lui caressait doucement les cheveux. A trois ans, il était
trop petit pour tout comprendre, mais la précipitation du départ l’avait marqué et il avait
constamment besoin d’être rassuré.
Quant à son fils aîné, il s’était assis à l’écart. Silencieux. Muet depuis que, lui aussi, avait vu
la haine. 
 
Cela s’était produit la veille, lorsque l’enfant était à l’école. Il avait dû quitter un moment
l’unique salle de classe pour aller se soulager. En revenant, le camion garé devant l’entrée
l’avait inquiété. N’osant pas rentrer, il avait regardé à l’intérieur de la classe par une fente
percée dans le mur du bâtiment.
Le maître était étendu par terre, et il ne bougeait plus. Les soldats étaient entrés dans la pièce.
Ils avaient aligné tous les garçons le long du mur, et les forçaient à se déshabiller. Un soldat 
au regard d’aigle, portant sur sa veste une barrette dorée, examinait avec attention les corps
nus de chaque enfant. A la fin, il fit faire un pas en avant à deux d’entre eux. Ces deux
garçons, il les connaissait. C’étaient ses meilleurs amis. Papa les invitait parfois avec leurs
familles à partager leur repas quand la vente des produits avait été bonne. 
Les soldats les avaient saisis. Puis sous les pleurs et les cris des enfants, les monstres avaient
quitté la pièce en emmenant leurs prisonniers. Le maître avait remué le bras en gémissant, 
mais il était retombé aussitôt dans l’inconscience.
 
Le soleil commença à décroître. La marche laborieuse touchait à sa fin. Sa famille était
exténuée, mais, au bout du chemin, il put le contempler. Le haut plateau. Son île. L’endroit où
il pourrait cacher sa famille à l’abri de la tourmente. Remerciant silencieusement le vieux qui
lui avait donné le courage, il dirigea les siens vers une petite bâtisse qu’il avait aperçue depuis
le haut du chemin. Rompus par la fatigue, ils s’y endormirent rapidement.
 
A l'aube du  8 août 1943, André Goldberg et sa famille furent arrêtés par un détachement de
SS, suite à une dénonciation.  Ils furent découverts par les soldats allemands dans une bergerie
en bordure du plateau du Vercors. Trois jours plus tard, ils furent déportés et tués. 
Parce qu’ils étaient juifs.
 
Le 3 mars 1994, sur les hauteurs de la paroisse de Rukara, au Rwanda, quatre membres d'une
même famille furent mutilés et massacrés par les milices hutus dans un abri du haut-plateau
où ils avaient trouvé refuge. 
Parce qu'ils étaient tutsis.
 
Le 10 juillet 1995, non loin de la ville de Zepa, en Bosnie Herzegovine. Un couple de bergers
et leurs deux enfants furent traqués dans la montagne par les milices serbes. Froidement
exécutés, leurs corps furent dissimulés dans un charnier avec ceux d'autres victimes du même
village. Dans les jours qui suivirent, plus au Nord, 8000 personnes furent tuées lors du siège
de la ville de Srebrenica.
Parce qu'elles étaient bosniaques.
 
Avril 2007. Province du Darfour. Une famille africaine décide de fuir la persécution des
milices soudanaises en se dirigeant vers les montagnes.
 
Puisse l’Histoire ne pas se répéter. 
 

Par Séb le Proseur - Publié dans : Nouvelles
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